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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 03:45
Il y a des gens dont l’écriture est posthume. Nietzsche, par exemple, c’est ce qu’il dit. Je ne sais pas si ça veut dire que quand ils écrivent ils sont déjà morts. Je plaisante. Je sais que non que ce n’est pas ça.

C’est quand même incroyable ce truc avec l’écriture, cet isolement colossal que ça génère. Qu’il faille se tenir si loin des gens pour leur parler, j’imagine que c’est une blague.

Je veux bien croire que ça a donné des idées d’intemporalité à certains, cet isolement, ça y ressemble tellement.

Vous n’avez pas compris. Si on va se mettre loin comme ça, ce n’est pas pour se mettre à l’abri, c’est pour pouvoir entendre le murmure des battements du cœur.

Il faut vraiment ne pas savoir du tout ce que c’est l’écriture, c’est tout sauf un abri, ça ne protège pas, mais alors…

Il y a un moment où les peurs et les réticences s’épuisent. Par exemple la peur de devenir fou, il y a un moment où ça ne fait plus rien.

Il y a des gens qui trouvent que je ne sais rien faire d’autre que ce que je suis en train de faire là avec cette écriture. Alors ils seront contents ces gens quand ils liront ça. Qu'ils aillent

D’ailleurs, c’est ça, cette chose d’aller toujours là où on ne sait pas faire, par exemple, ça forcément c’est un truc posthume. Je ne me rends pas compte si on se rend compte à quel point c’est radical. Si j’avais peur de devenir fou, c’est à ce moment-là que ça n’irait plus. Je souris là. Je ne sais pas pourquoi je ne ris pas, parce que…
 
Il faut se mettre à la place des gens des fois, ça sert à ça l’imagination, concevoir que quelqu’un vit quelque chose, parce qu’avant tout c’est une expérience de vie, c’est terriblement précieux.

Aller là où on ne sait pas faire, aussi ingrat et difficile que ce soit, c’est marrant de ne pas deviner que c’est aller par-delà des idéaux, là où ils tombent d’eux-mêmes parce qu’ils sont caducs. Un truc comme la liberté, ce serait à cet endroit précis, par exemple. Ca se vit. Encore une fois : c’est une expérience de vie. C’est une vie d’expérience. C’est très fort.

Si je devais dire quelque chose qui ne soit pas posthume par exemple, je dirais qu’il semble que l’écriture ne puisse trouver ses conséquences qu’une fois son auteur mort, que ça ne vient pas à l’idée des gens de lui en donner avant. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu’ils croient que ça ne leur appartient pas, pas encore. Je continue de penser que ce n’est pas le travail de celui qui écrit de donner des conséquences à son écriture. Les conséquences sont monnayables évidemment. L’écriture, non.

Je n’ai jamais écrit ce mot, monnayable, de toute ma vie, c’est très étrange d’écrire un mot pour la première fois.

Tiens, je suppose que c’est ça que ces gens aiment dans cette écriture, que je n’assigne pas de conséquences. Ils devraient pourtant savoir que je n’en assigne jamais, c’est un piège quand j’ai l’air de le faire. Cette fois je ris pour de bon.

Il me semble que cette sorte de calme, cette histoire qui rend possible la perception d’un murmure de battements de cœur, ça doit avoir l’air de la tristesse de loin. C’est curieux que le bruit rassure. Je ne sais pas si ce n’est pas un truc d’abrutis.

Je dirais qu’une écriture posthume, c’est tout sauf de l’abrutissement. Il faut croire que l’abrutissement est un abri.

Il faudrait que je fasse un effort pour


 Mister Magoo : Military Magoo

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Published by claude pérès - dans Poèmes
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commentaires

tR. 03/11/2007 15:49

Ecrire [tout seul] est être tout seul. Moi quand j'écris, je ne parle pas aux gens. Je ne parle à personne. C'est juste pour continuer à respirer, il n'y a pas d'autre raison de base, ça part comme ça, sans questions. T'es toujours tout seul face à ta feuille ou à ton écran blanc. C'est en toi que tu voyages, en le monde que tu es. Après, tu peux sentir un truc. En cours de route, parfois très vite, parfois moins, un genre d'étincelle... Et c'est là que tu apprends si oui ou non tu auras envie de partager ce voyage-là avec... l'autre, l'extérieur, la réalité. Si c'est oui, alors, ton écriture prendra naturellement le vent de ce partage possible et tu ne sauras plus si c'est ta plume qui te suis ou si c'est toi qui est mené par elle. Ici, peut commencer la magie. Parfois, si tu n'y prends garde, tu peux te retrouver au final avec un roman ou un essai entre les mains...Le temps file, sais-tu...Oui tu sais, puisque tu écris.