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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 07:10

Sans soleil - Chris Marker

J’avais dit qu’il serait plus qu’intéressant de s’attacher à étudier quelque chose qu’on pourrait appeler la proprioception philosophique, c’est-à-dire comment la pensée d’un philosophe, d’un autre, d’un autre encore, se meut en posant ou en faisant jaillir toujours plus de deux termes, – autrement c’est le jeu naturel de cet usage du langage, la binarité différentielle, c’est anecdotique. Comment le philosophe invente son usage du langage, le traverse, l’implose, etc. Depuis le juste milieu d’Aristote au bourgeois hégélien. Sans s’arrêter sur ce qu’ils racontent, mais bien, sottement donc, en regardant le doigt qui désigne.

 

Je voudrais qu’on regarde, donc, cette histoire de déconstruction qui vient se poser là, comme parade qui dénonce ce jeu d’identification/différenciation et le fait fuir… Pour ce faire, je voudrais d’abord qu’on ait en tête ceci, qu’on trouve chez Saussure, dans ses cours : « Il est puéril de croire que le mot ne peut se transformer que jusqu’à un certain point comme s’il y avait quelque chose en lui qui pût le préserver. Ce caractère des modifications phonétiques tient à la qualité arbitraire du signe linguistique, qui n’a aucun lien avec la signification. »

 

Alors… Je suis très tenté de faire un petit détour ici… à la fois mû par une certaine gourmandise, que flairant l’occasion de ramasser quelques cailloux qui seront utiles pour la suite… La qualité arbitraire du signe linguistique, donc… C’est une question hautement philosophique qui aura fait mousser les cerveaux depuis le Cratyle de Platon… Il est une fantaisie qui n’en finit pas de courir et qui écarte cette qualité arbitraire en croyant pouvoir épingler la fabrication de mots en tant qu’onomatopées, imitations des bruits des choses auxquelles ils renvoient. Ca aura préoccupé les grammairiens de la Renaissance, qui n’hésitèrent pas à délirer les origines des mots en croyant tenir quelque chose dans leurs mains. On peut parcourir une étude de Marie-Luce Demonet (L'étymologie, de l'antiquité à la Renaissance, Presses Univ. Septentrion)… On pressent l’attrait d’une pareille conception… Plus encore que de localiser la source de l’émergence de tel ou tel mot, c’est le rapport du mot à la chose qui s’accommode. L’un renvoyant de toutes façons métonymiquement à l’autre. Une langue qui imite un monde dont elle ne peut pas savoir se détacher… Au XXIe siècle, un siècle après le fracas de l’abstraction des arts, l’idée a forcément quelque chose de charmant… On trouve encore des hébréophones persuadés que leur langue est nourrie de ces onomatopées, qui prennent comme exemple בקבוק, bakbûk, bouteille, censée rappeler le bruit du contenu déversé… La même chercheuse, dans une autre étude, s’amuse à pister les origines de cette… je suppose qu’on peut dire croyance… Si elle la trouve épinglée par Rabelais, elle la repère dans un dictionnaire français-latin de Robert Estienne, paru en 1549, qui attribue tant au mot hébreu bacbuc qu’à celui français bouteille des origines d’onomatopées (In: Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, la réforme et la renaissance. N°34, 1992. pp. 41-66.)… En passant, elle s’amuse que des mots différents puissent imiter le même bruit… Un peu à tort, quand on regarde les onomatopées, aïe en français, ouch en anglais, au en allemand ou encore αχ en grec… elles sont toutes faites de la matière de langue dans laquelle elles émergent… Mais précisément, leurs différences peuvent laisser penser que décidément, même raccrochés aux choses qu’ils désignent, les mots ne se laissent pas retenir et suivent le cours de leur prolifération… Si la chercheuse n’a pas l’idée de noter une définition antérieure du mot bacbuc, par curiosité, elle s’arrête sur l’étymologie de bouteille, qui s’accrocherait plutôt à sa forme qu’au bruit du liquide qu’elle contient… Si on allonge un peu plus notre détour, pour s’amuser nous aussi des fabrications mystifiées de ces grammairiens de la Renaissance, on peut noter que dans ses deux études, Marie-Luce Demonet rappelle qu’ils conféraient à tort au mot trinquer un caractère d’onomatopée, imitant le bruit de verres qui se choquent, lors même que son étymologie le renvoie à trinken, en allemand, boire… Toujours est-il que cette qualité arbitraire du signe, Saussure la tient pour acquise un peu vite… il faudrait pouvoir remonter un cours, localiser une source… on verra plus loin que la question de l’origine du signe ne peut pas se poser… Ce n’est pas que le signe, ni le rapport du mot à la chose qu’il désigne, tiennent de l’arbitraire, ça, alors, c’est une question paranoïaque, ou du moins une déduction de type binaire, à laquelle manquent trop d’éléments pour parvenir… mais que sa prolifération soit illimitée, parce que le mot est une chose parmi les choses, on l’aura rencontré plus d’une fois ici…

 

Bien… L’autre chose que je voudrais qu’on garde en tête, toujours piochée dans les cours de Saussure, s’exprime ainsi : « dans la langue il n’y a que des différences. Bien plus : une différence suppose en général des termes positifs entre lesquels elle s’établit : mais dans la langue il n’y a que des différences sans termes positifs. »… Là, on repère ce jeu de fuite et de transformations illimitées mentionnées plus haut, moins par la qualité arbitraire du signe, qui ne se laisse pas établir, que par ces différenciations délirantes…

 

Je vais prendre appui sur deux conférences pour esquisser quelque chose comme un pressentiment de cette déconstruction chez Derrida… La première, on la doit à Ethan Kleinberg à l’université Wesleyan, elle a le mérite de présenter une jolie articulation… Je suppose qu’elle s’adresse à des débutants, d’où un trait un peu grossier, mais enfin… Ethan Kleinberg insiste sur la déconstruction comme étude de textes, qui s’occupe des équations binaires dont elle dénonce la violence de la hiérarchie, où un des deux termes, forcément domine l’autre. Le travail de la déconstruction, pour Ethan Kleinberg, va venir consister à « localiser les moments où la hiérarchie se renverse, se trahit ou s’inverse. Le lieu, où la distinction binaire s’effondre »…

 

La deuxième conférence à laquelle je vais faire appel… Je collecte le matériel, pour l’instant… porte le titre : « Derrida ou la localisation de l’inexistence », et a été donnée par Alain Badiou à l’école normale supérieure… Je suppose que cette conférence ne s’adresse pas à des débutants… Pour autant, j’ai des raisons de penser que ces non-débutants n’auront rien compris du tout à ce que raconte Badiou, voir la conférence d’Étienne Balibar à la suite de ce colloque de gens importants… Dans cette conférence, donc, on peut y entendre ceci : « Étant donné une multiplicité qui apparaît dans un monde, étant donné le site transcendantal de l’existence, étant donné les éléments de cette multiplicité qui co-apparaissent avec elle, une multiplicité ne peut pas apparaître sans que ce qui la constitue apparaisse avec elle, la totalité de ce qui constitue le multiple apparaît en ce monde, eh bien dans ces conditions, il existe toujours une composante de cette multiplicité dont l’apparition est mesurée par le degré le plus faible. » Bien… On pressent que la chose est plus complexe et plus intéressante que la simple équation binaire… Parmi la multiplicité, une composante qui apparaît avec un degré d’apparition plus faible, il dit « le plus faible » (je souligne)… Pour pouvoir en faire quelque chose de son histoire, voilà Alain Badiou qui dit avec naturel : « Vous comprenez bien qu’exister minimalement dans le transcendantal d’un monde, c’est comme ne pas exister du tout. »… Et alors, selon lui, ce travail de déconstruction va consister à localiser l’inexistant… D’abord « d’inscrire l’impossibilité de l’inscription de l’inexistant comme forme de son inscription », puis de localiser les points qui échappent à l’imposition des « écritures et [des] discours »… Puis il parle de « cartographie », de « restreindre les opérations discursives, de telle sorte que l’espace de fuite soit localisable »… Et enfin, il dit quelque chose comme : « « Il n’y a pas de localisation possible du hors lieu dans le lieu avec de grandes oppositions binaires, donc il va falloir les déconstruire, il va falloir passer à travers… ».

 

Alain Badiou a le goût des mécanismes sophistiqués d’horlogerie, qui fabrique des machines bien trop lourdes pour avancer… Il pressent quelque chose avec son histoire de multiplicité et de degré d’apparition le plus faible, mais le voilà qui rabat déjà son déploiement… C’est une paresse, voire une faillite dans son exposé, que de dire : « qu’exister minimalement dans le transcendantal d’un monde, c’est comme ne pas exister du tout. »… La chose a quelque chose de catastrophique, qui rebranche la complexité d’un jeu de multiplicité de degrés et d’intensités à une équation binaire existant/inexistant… La présentation d’Alain Badiou est spatiale et statique qui peine à fracasser le soin qu’elle met à établir et à poser… Ce n’est pas même une cartographie, mais un plan qu’il nous propose… Non, non, non… Précisément parce que le jeu différentiel s’effectue sans termes positifs, la question de l’apparition, de l’existant, de la mondanité, ces fantômes heideggeriens, ne peut pas venir se poser. C’est parce que ça n’apparaît pas tout à fait, que ça continue son délire différentiel. Ca n’existe pas tout à fait, ça n’inexiste pas tout à fait, c’est un jeu de ricochets d’intensités. Ca fait que, par exemple, ça ignore les dualismes binaires, parce qu’il y a toujours un autre terme en attente… C’est ce qu’on pouvait penser que Badiou pressentait avec son histoire de multiplicités avant de se dégonfler parce qu’il s’arrête sur les apparitions, là où il fallait s’arrêter sur les degrés, y compris de ce qui n’est pas voué à apparaître ou attend d’apparaître ou… etc… J’insiste : l’existence, l’inexistence, ce sont des termes positifs qui ne peuvent parvenir à décrire une modalité qui les rend de fait impensables. Et Ethan Kleinberg de pointer, lui, ce cours affolé dont Alain Badiou ne peut mais : la déconstruction « comme moyen d’appréhender l’identité comme la non-coïncidence de soi ». Au terme de sa démonstration, simple et précise, le voilà observant l’entrée « en jeu » du terme « différance », où la différence, la distinction de l’identité est « différée et reste à être déterminée »…

 

Ca nous fait une petite installation… Je voudrais qu’on s’arrête maintenant sur l’émergence des concepts comme différance, trace… dans de la grammatologie de Derrida, pour les observer travailler. Après un développement sur la distinction entre parole et écriture chez Platon ou Saussure, qu’il dénonce comme artificielle et insuffisante, voici Derrida sortant de son chapeau la citation délicieuse d’un linguiste, Uldall, qui mérite de la reprendre dans sa longueur : « c'est seulement grâce au concept de la différence entre forme et substance que nous pouvons expliquer la possibilité, pour le langage et l'écriture, d'exister en même temps comme expressions d'un seul et même langage. Si l'une de ces deux substances, le flux de l'air ou le flux de l'encre (the stream of air or the stream of ink), était une partie intégrante du langage lui-même, il ne serait pas possible de passer de l'une à l'autre sans changer le langage » (J. Derrida, de la grammatologie, les éditions de minuit, p.86)… Là, il s’agit de prendre son temps pour regarder avec soin le travail proprioceptif de la chose… Derrida s’attache à dessiner une opposition parole/écriture tout au long du début de son étude pour venir lui asséner un joli coup. Et quand je dis coup, je veux dire assaut : « Nous voudrions plutôt suggérer que la prétendue dérivation de l'écriture, si réelle et si massive qu'elle soit, n'a été possible qu'à une condition : que le langage « originel », « naturel », etc., n'ait jamais existé, qu'il n'ait jamais été intact, intouché par l'écriture, qu'il ait toujours été lui-même une écriture. » (Ibid., p.82)…

 

On se tromperait à mettre au point un troisième terme, par exemple le langage, ou autre, dont parole et écriture seraient les deux… je ne sais pas comment dire, pendants, corrélats, effectuations, etc… peu importe… En dénonçant la représentation de Saussure qui voit l’écriture comme dérivant d’une parole qui serait première et originelle et en choisissant de renvoyer l’écriture au langage, d’assaillir le langage par l’écriture, « qu’il ait toujours été lui-même une écriture », Derrida effectue un joli mouvement de pensée. Avant cet assaut, Derrida prévenait : « Le système de l'écriture en général n'est pas extérieur au système de la langue en général, sauf si l'on admet que le partage entre l'extérieur et l'intérieur passe à l'intérieur de l'intérieur ou à l'extérieur de l'extérieur, au point que l'immanence de la langue soit essentiellement exposée à l'intervention de forces en apparence étrangères à son système. » (Ibid., p.63)… Ce qu’il faut voir, dans l’appréhension derridienne de ce qui n’est plus une opposition parole/écriture, c’est qu’en ne renvoyant pas à un troisième terme, un terme stable qui les engloberait, stabilisé parce que les englobant, il parvient à ne pas mettre au point un terme positif halluciné, laisse et la parole et l’écriture courir et surtout balbutie un autre usage du langage qui peut penser les différences… appelons ça par exemple… de degrés… Ca veut dire que ce qui se différencie peut venir se dédifférencier, assaillir et proliférer la différence… C’est tout de même assez retentissant… La parole ne va pas venir se différencier de l’écriture, se déterminant en déterminant l’écriture, déterminant l’écriture en se déterminant par différenciation, etc. La parole va proliférer un jeu d’effectuations qui prolifèrent aussi l’écriture… La parole effectue l’écriture, l’écriture effectue la parole, parce qu’on n’atteint pas un seuil où on peut saisir ici la parole et là l’écriture tout à fait…

 

On s’intéresse beaucoup, ici, aux différences de degrés, à ce qu’elles permettent de penser et d’envisager, aux questions et aux assauts qu’elles posent… Dire, comme on l’a fait dans d’autres notes, que l’État de type totalitaire et l’État de type représentatif jouent de différences de degrés, on comprend bien qu’on ne vient pas dire que c’est pareil, ni que l’un se définit contre l’autre, mais que l’un vient questionner et… décidément assaillir l’autre… On comprend bien tout l’outillage conceptuel qui s’ouvre à nous…

 

Mais il s’agit d’aller jusque là où ce n’est pas concevable, violenter l’organisation de la pensée, autrement ce n’est plus de la philosophie… Et voici que, de cette articulation retentissante, Derrida va venir faire émerger trace et différance… J’insiste : on regarde le doigt qui désigne ; c’est le mécanisme de cette histoire de trace auquel on s’attache… Parce que… oh vous savez, ces histoires de contre-investissements, tout ça… C’est les outils et les utilisations qui disent le monde… États de type totalitaire ou de type représentatif jouent de différences de degrés parce qu’ils ont le même usage du langage… Ce qu’ils racontent vient après…

 

Alors, puisqu’Ethan Kleinberg et Alain Badiou parlent tous les deux de localisation, localisons… Pour ce faire, je dois faire un petit pas de recul, traîner davantage sur quelque chose devant quoi je n’ai fait que passer, parce que ce n’était pas utile de s’arrêter… Quand émergent différance et trace dans de la grammatologie, Derrida vient d’accuser cette représentation chez Platon et Saussure qui fait dériver l’écriture d’une parole qui primerait – dans primer on entend premier et prime… L’écriture vient représenter la parole ( cf p. 46). Derrida s’amuse à noter : pour Saussure l’écriture vient comme le péché de la parole (p. 52), effectuer son « action vicieuse » (p.57)… Derrida a donc installé quelque chose comme un temps… D’abord la parole, puis l’écriture… et pour se dépêtrer de cette opposition, on a vu qu’il a recours à quelque chose qui n’est pas tout à fait un troisième terme, le langage… Il est donc embarrassé, dans cette articulation, par quelque chose qui vient jouer comme origine et qui déjà, par le travail linguistique qui ne sait pas s’arrêter de courir, invoque, donne à entendre ses différenciations spectrales. Et la main de Derrida va venir là, évanouir ces ombres qui s’élèvent…

 

Dès les premières pages de son installation, Derrida prévient : « La différance tout court serait plus ‘originaire’, mais on ne pourrait plus l’appeler ‘origine’ ni ‘fondement’… » (p.38) et suggère : « [la différence] ne peut toutefois être pensée au plus proche d'elle-même qu’à une condition : qu’on commence par la déterminer comme différence ontico-ontologique avant de biffer cette détermination. La nécessité du passage par la détermination biffée, la nécessité de ce tour d'écriture est irréductible »… Et le voici donc, au pic de cette articulation qui lui fait faire face à ce fantôme originaire, le langage, pseudo-terme qui lui permet de pressentir le jeu de proliférations de la parole et de l’écriture, lâchant « la trace » : « La trace n’est pas seulement la disparition de l’origine, elle veut dire ici que l’origine n’a même pas disparu, qu’elle n’a jamais été constituée qu’en retour par une non-origine, la trace, qui devient ainsi l’origine de l’origine. » (p. 90). Si l’origine est un terme positif, inséré dans un travail affolé de différenciations, l’origine de l’origine, on le voit, est une main négative, forcément… : « La trace (pure) est la différance. », et de continuer : « Bien qu'elle n'existe pas, bien qu'elle ne soit jamais un étant-présent hors de toute plénitude, sa possibilité est antérieure en droit à tout ce qu'on appelle signe (signifié/signifiant, contenu/expression, etc.), concept ou opération, motrice ou sensible. » (p .92).

 

Que la différance se fasse sécrétion de différenciations différées – « [la différance] permet l'articulation de la parole et de l'écriture — au sens courant — comme elle fonde l'opposition métaphysique entre le sensible et l'intelligible, puis entre signifiant et signifié, expression et contenu, etc. » (p.92) ou encore : « La trace est la différance qui ouvre l'apparaître et la signification. » (p.95) –, on le note, certes, mais ce n’est pas précisément ce qui vient nous intéresser ici… C’est la brutalité délicate et subtile d’un geste qui agresse la pensée, qui la faillit ou la dérange, que je veux pointer ici. La trace comme origine, main négative, de l’origine, secret qui présente sa non-présentation. Le renversement est époustouflant. C’est que Derrida disparaît l’origine par sa trace, une trace qui n’en finit pas de passer, bien sûr, mais surtout une trace qui ne remonte pas à l’origine, qui l’accuse pour l’agir… Ce n’est pas seulement que la trace inscrit l’impossibilité de l’inscription de l’origine dans l’origine, ça ferait un joli court-circuit déductif, mais le mouvement est plus profus, plus affolé encore, car la trace se fait opération qui pulvérise un usage du langage qui ne sait plus s’articuler, le charge, l’accable et l’intensifie, précisément, de son propre usage. Et en précipitant son cours par une geste qui le somme, sa procédure non seulement se fait jour, mais l’affronte.

 

La déconstruction de Derrida, décidément, est une opération de somme et de sommation, une précipitation, une tempête… Si l’opération tient du court-circuit, elle provoque un courant de défaut, du genre qui fait les étincelles… Si je devais conclure, il me faudrait assigner une utilisation, ou dégager des potentialités d’utilisations d’un tel outil et ça aurait quelque chose de triste, forcément… Je laisserai donc ouverte cette note…

de la déconstruction, Derrida, Badiou, etc.

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Published by claude pérès - dans LOGOS (dire - penser - agir)
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