La redéfinition par l'équipe de McCain de l'idée de changement, qui constitue l'ogive de l'argumentaire de Barack Obama, pour la faire
coïncider avec ce leitmotiv qui veut que McCain soit non-conformiste est un truc très astucieux de stratégie politique. Le changement selon le camp républicain est devenu la capacité à réformer
au-delà des lignes partisanes, comme Tim Pawlently le martèledans cette interview.
Cette redéfinition contourne les problèmes que McCain a avec sa base conservatrice en les mettant sur le compte d'une indépendance, qui est la preuve, donc, d'une
capacité de changement.
Le piège se referme sur Obama, qui, dans cet extrait d'une interview, lutte contre cette subtile confusion, essaie de préserver sa propre définition du changement en
la distinguant d'une question partisane et, puisqu'il est attendu sur ce point, tente de trouver un équilibre pour convaincre de sa capacité à réunir sans pour autant s'aliéner sa propre
base.
L'habileté de la tactique est délicieuse et impitoyable qui grignote les marges d'Obama et lui confisque ses points les plus forts en les
redéfinissant.