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Bien que la victoire d'un candidat noir soit aussi significative qu'émouvante, accueillie d'ailleurs avec une dignité surprenante par John McCain et George Bush, ce n'est pourtant pas parce qu'il est
noir que Barack Obama a été élu, ce qui est sans doute d'autant plus significatif, mais bien grâce à la précision tenace du labeur de sa campagne, à laquelle pas un détail n'a échappé.
Elle a tissé une toile très serrée à travers le
pays : "La campagne Obama a fragmenté le pays
en une collection de champs de bataille dans les Etas hésitants, divisés eux-mêmes par zones, elles-mêmes parcelées en équipes de quartiers. (L'Ohio, par exemple, est divisé en 1231 quartiers.)
Et chacune de ces équipes, si le recrutement le permet, a un chef qui, idéalement, vit dans le pâté de maisons de toutes ces portes auxquelles il faut frapper."
Ils offraient, par exemple, un diner avec Obama à condition
de donner de l'argent à la campagne, ou un passe pour les coulisses de la nuit électorale; ils révélèrent le nom du vice-président choisi par sms à ceux qui avaient donné leur coordonnées,
collectant ainsi une multitude de contacts; ils organisèrent des compétitions sur my.barackobama.com, comptant celui qui organisait le plus d'événements, celui qui passait le plus d'appels, celui
qui frappait au plus grand nombre de portes, celui qui levait le plus de fonds... motivant ainsi les membres selon les méthodes éprouvées chez McDo ; et encouragèrent fortement les nouveaux électeurs à
s'inscire.