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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 02:57

 

  Et si, par exemple, je n’avais pas besoin de témoin à mon existence.

 Forcément, la paix, c’est pouvoir s’endormir tranquillement, ça ne peut pas être autre chose.
 
  L’existence, c’est comme dieu, c’est une question de foi. Ce qui me permet de dire que j’existe n’existe pas. Ce qui me permet de dire que je n’existe pas non plus, puisque je le dis.

  Je me rappelle très bien la couleur des sous-vêtements et du sac de Janet Leigh dans Psycho, blanche d’abord, et puis noire après le vol.

  Je n’ai pas dit que la paix, c’est mourir, non. Je pense à Hamlet là : « mourir, dormir, rien de plus »… Je fais une très grande différence entre dormir, mourir, vivre et rêver. Je ne dis pas que la paix, c’est dormir non plus, par exemple parce qu’on rêverait. D’abord, il y a des rêves cauchemardesques.

  Témoin ou pas, ça ne changera rien à mon être. Au fait, je dirais que mon être n’est pas comparable, qu’on ne peut pas le faire comparaître, qu’il n’y a rien à témoigner.

  Je me rappelle très bien le bleu, le jaune/blanc et le rouge dans le Mépris, ce truc hitchcockien poussé à son extrême, dans les moindres détails, les filtres, le mobilier, les peignoirs, la voiture, tellement que c'est énorme, comme la musique est énorme, comme Brigitte Bardot, comme tout dans ce film, tous ces éléments qui se donnent tellement tort finalement, qui se méprisent.

  Je pourrais dire que rêver, ce n’est pas vivre. Que si le rêve est fait pour maintenir l’état de sommeil, l’illusion maintient… je ne dirai pas quoi. Il y a un truc qu’on ne voit pas du tout avec le rêve, c’est qu’on peut penser sans avoir recours aux mots. C’est forcément un autre rapport à la Loi. Et ça ne peut pas s'interpréter, ça ne peut pas se réduire. C’est forcément une parole sans témoin qui déborde de toute part. C’est l’air de, mais pas pour, rien que j’ai parlé de Godard.

  Je dis que la paix, c’est pouvoir s’endormir tranquillement. Ca ne veut pas dire qu’on va s’endormir, ça ne veut pas dire qu’on ne va pas dormir non plus. C’est le tranquillement qui compte là-dedans. Tranquillement : là où c’est possible.

  Il n’y a… J’allais dire, il est tard, il n’y a plus un bruit. La fête est finie, les gens qui chantaient à tue-tête, à tuer la tête se sont tus. Mais ce n’est pas vrai qu’il n’y a plus de bruit, il y a celui de la pluie et du vent. C’est doux, c’est calme, ça donne envie de s’endormir. Ou alors ça donne envie de marcher (marcher = fonctionner). Je crois que je vais sortir marcher, dans le silence de la pluie, avant que les gens ne se réveillent.
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Published by claude pérès - dans Poèmes
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