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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 17:41

 

Giuseppe Penone - Cèdre de Versailles

 penone-copie-1.jpg Je dirais qu’une image, c’est forcément un montage artificiel de bouts qui n’ont pas vocation à collaborer. D’abord, vous avez ce recours délirant à l’image dans nos sociétés qui est, pour le moins, pétrifiant, alors que la vue, c’est un des récepteurs de signaux parmi d’autres tout aussi primordiaux. Mais surtout, j’insiste, il n’y a pas d’image, ça n’atteint pas le seuil où tout à coup couleurs, formes, perspectives, volumes, mouvements, contrastes concourent harmonieusement en une image ; non, il y a des signaux qui restent décidément épars et éparpillés et ne sont pas faits pour s’entendre. Je ne sais même pas d’où a bien pu venir une pareille idée, le ravissement de l’image, il est criminel. Je ne sais pas. Je peux pressentir de quoi c’est fait, c’est-à-dire comment : l’image, n’est-ce pas, c’est de la pure survie de mort. C’est là que pointe la prodigieuse et féroce violence que provoque quelque chose comme... alors ça dépend des goûts...  la Venus du Titien ou le Radeau de la Méduse par exemple... que tous ces éléments, couleurs, formes, perspectives... concourent à quelque chose qui nous assassine forcément, dans un rapport différentiel, pour se faire immortel. C’est bien pourquoi c’est idiot d’opposer nature et culture qui concourent tout autant à nous assassiner. Mais peu importe.

 

  Regardez ces traces sur les murs des cavernes faites de sang, de terre, de minéraux, de matières périssables, vouées à disparaître donc, au temps de ce qui est appelé la Préhistoire ; regardez ces éléments se préciser et s’harmoniser plus tard, dans un élan hydroponique qui ne concerne plus la trace, mais déjà l’immortalité absolue, fabriquer ce qui est appelé la Beauté – la beauté, l’image, c’est pareil, c’est la même fonction – ; regardez enfin ces travaux de Kandinsky ou de Soulages qui vont avec leurs temps, qui divisent les éléments de la même façon que leurs sociétés divisent le travail, pour la même raison, pareil, qui les identifient/différentient et les ordonnent. Certes il y a des vacuoles d’implosion dans les peintures de Kandinsky, ce n’est pas indifférent, évidemment, c’est autophage, ça dévore la violence que la peinture renaissante suscitait chez celui qui la contemplait. Mais tout de même, vous avez cette idée étrange, l’image, qui se monte comme ça et nous ahurit par des mécanismes autocriniens parfaitement artificiels.

 

  Alors, il n’y a d’images que de reflets et de miroirs, ça ne peut pas se faire autrement que par spéculation narcissique et c’est amusant parce que le narcissisme, n’est-ce pas, c’est quand même bien quelque chose qui n’est fait que pour combler, remplir, bourrer, saturer ce trou béant qu’est, non pas la mort, mais la conception narcissique et impuissante qu’on s’en fait. C’est ce qui rend la voracité panique de l’entreprise épuisée. J’ajoute enfin, pour le délice de la chose, qu’images, êtres, sociétés, être-morts, etc... c’est pareil, ça forme un tas dans lequel on peut en piocher un pour taper sur l’autre et voir si ça gicle. Je peux vous le dire d’avance, ça ne risque pas de gicler, c’est fait d’exuvies, c’est exsangue. Mais enfin, pour le goût de l’expérience, on peut toujours s’amuser à vérifier...

 

  Mais ça ne m’intéresse pas de le prendre comme cela, poser l’image et délirer autour, et finir par creuser des sillons et des trous à force de passer. Sans doute poser les choses pour les démonter, c’est prendre le risque de laisser une marque là où elles se sont enfoncées, et c’est forcément dommage. Je ne parlerai pas de désir, d’impuissance, etc... pour ne pas en rajouter, je l’ai déjà assez développé. Je n’évoquerai pas, ou à peine, pour dire que je ne l’évoquerai pas, la violence qu’il y a à se faire image et identité, la brutalité à se voir imposer le narcissisme des autres, comme on ne s’y retrouve pas, je l’ai abordée à propos de la Justice, il y a quelques temps. Je notais simplement en passant que vous n’aurez jamais rien dans la main que vous appelleriez image, qu’elle ne peut qu’être... comment dire... vue de l’esprit, comme tout autre processus magique. Je le notais pour le balayer. Ca m’intéresse bien plus d’insister sur les signaux, les réflexions, réfractions, absorptions de lumière par les corps, les jeux de voisinages, les passages et les franchissements de seuils des couleurs, et cette chose inouïe qui veut que vous ne distinguez un corps que parce qu’il est en mouvement, c’est-à-dire, non pas tant qu’il se différentie, cela on s’en fiche, mais qu’il s’échappe et déjà disparaît.

 

  Ce que nous avions noté à propos de Kandinsky, c’est que l’ordre de l’identité/différence n’était pas venu de soi, qu’il était venu bien après le jaillissement de formes, de couleurs et de lignes qui concouraient dans une mycorhize folle sans même pouvoir distinguer – je parle de l’époque des improvisations – un point précis où il ne s’agirait ici que de formes ou là que de couleurs... J’insiste, il y a des voisinages et des concours qui n’atteignent jamais vraiment la chose dicible et regardable, identifiable et nommable. Et c’est bien parce qu’on ne peut pas la nommer, cette chose, qu’on peut en faire quelque chose. C’est bien parce que les effectuations travaillent bien en deçà d’un seuil où il y aurait un nom, une image, une existence, un îlot de singularité.

 

  Je veux insister, en passant, puisque j’y suis, sur la violence qu’il y a à fabriquer des idées, à monter une vue de l’esprit magique, comme on fabrique des barrages contre le Pacifique par exemple, et à perdre ses forces pour les faire tenir, les renforcer, les colmater, les prévenir contre la fuite prodigieuse à laquelle elles sont de toutes façons vouées. Alors, il y a un panache inouï à affirmer une idée, celui de l’éclat de son jaillissement, certes, bien sûr, mais une idée n’embrassera jamais la totalité du monde, comment dire... les effectuations ne s’organiseront jamais jusqu’à atteindre le seuil hydroponique de l’idée absolue. Il en est des idées, comme de n’importe quelles effectuations, elles restent couvertes de la terre dont elles jaillissent, autrement c’est se condamner à une entreprise paranoïaque, du genre de celles qui fabriquent le rationalisme par exemple. La Psychanalyse a décrit la férocité aliénante et malheureuse de telles entreprises, c’est d’ailleurs bien ce qu’on peut lui reprocher, n’avoir fait que décrire. Mais je l’ai dit, j’insiste, j’ai abordé tout cela plus d’une fois. Je terminerai sur ce point en notant ceci : nous sommes nombreux à préféré manger ce qu’on appelle l’appareil, la pâte, par exemple, puisqu’on en a vu la recette, des cookies, avant de le faire cuire, à lécher les cuillers et tremper les doigts dans ce qui n’a pas encore atteint le seuil illusoire de l’hydroponie fétichiste.

 

  Alors, je vais parler d’autre chose, je vais parler de l’hydroponie fétichiste des hydroponie fétichistes, je vais parler de l’argent. Vous pouvez voir l’économie contemporaine fonctionner exactement comme les couleurs, formes et lignes fonctionnent dans les compositions de Kandinsky, c’est-à-dire comme des îlots de singularités délirants, identifiés/différentiés et ordonnés qui se maintiennent dans des rapports différentiels. Elle est merveilleuse l’obsession de Marx, qui dégage des valeurs et des échanges la part de travail humain, qui la voit partout et insiste, comme il ferait ressortir la terre dont les choses sont faites, de la même façon. On peut dire qu’il le voit, ce travail, quand il regarde un objet ; qu’il ne voit même plus tant l’objet qu’il regarde, que la part de force humaine qu’il y a en lui. Ce travail humain, il va le faire fonctionner comme une unité – une unité, c’est-à-dire, hélas, une hydroponie –, comme le référent ultime qui détermine le prix de telle ou telle marchandise selon la quantité de travail qu’elle porte en elle. Je ne peux pas dire à quel point la tentative est touchante, faire asseoir la transformation G-W-G’ sur la force humaine, là où elle n’est pourtant jamais qu’une question de demande désirante, narcissique et ahurie – la transformation capitaliste de l’argent en plus d’argent ne repose sur rien, c’est-à-dire qu’elle se perd dans la toile du désir qui, seul, module la valeur d’usage –. Je ne peux pas dire comme elle souligne aujourd’hui la cruauté qu’il y a pour un certain nombre de producteurs à vendre à perte, à ne compter pour rien leurs efforts, comme il en est, par exemple, du prix du lait qui se fixe sur les marchés en ignorant violemment les coûts.

 

  Il y a point chez Marx qui va m’intéresser ici, celui qui voit apparaître, se monter, la monnaie. Le processus est brillamment décrit dans la première partie du Capital, comment on a pris une marchandise, l’or ou l’argent,  comme référent pour déterminer la valeur des marchandises, comme on prend le fer pour évaluer le poids d’un corps sur une balance. Bloch, dans sa Société féodale complète cette vision en décrivant des transactions, des trocs où la monnaie «  ne cessa jamais d’y jouer le rôle d’étalon des échanges », c’est-à-dire que « le débiteur payait souvent en denrées ; mais en denrées, ordinairement « appréciées » une à une, de façon que le total de ces évaluations coïncidât avec un prix stipulé en livres, sous et deniers ». En d’autres termes, vous avez au Moyen-Âge des paysans qui n’ont pas d’argent, par exemple parce que la monnaie n’est pas frappée de façon régulière et rigoureuse, et qui organisent leurs échanges en prenant comme référent quelque chose qu’ils n’ont pas. Vous pouvez pressentir les balbutiements de quelque chose d’hydroponique, l’intérêt, la fonction de la chose, monter au rang d’image quelque chose qu’on ne touche pas de ses mains...

 

  Puis les choses se... comment dire... rationalisent, s’identifient/différentient, s’organisent et se précisent... Ce qui va être amusant à noter, toujours en prenant appui sur Marx, c’est qu’on aurait très facilement pu concevoir une organisation dans laquelle il n’y aurait pas eu d’échanges, c’est forcément assez délicieux, une organisation où la question de l’individu ne se serait pas posée. Là se mesure l’astuce qu’il y a de sa part à découvrir et mettre à nu le travail humain dans les marchandises. On aurait pu faire exister un ensemble, quelque chose de l’ordre du collectif, une famille, une tribu, une communauté ou n’importe quoi de solidaire, au sein duquel les corps humains auraient pris part et pris leurs parts, où la question du partage des efforts et des richesses aurait remplacé celle de l’échange. On a vu que ça marchait très bien ce genre d’organisation, on l’a vu avec les troubadours, tiens, si on prend l’exemple de la littérature, qui apportaient chacun leur talent à un ouvrage collectif ; on pourrait prendre n’importe quel texte ancien ou n’importe quelle légende, la Bible, l’Odyssée, etc. qui se nourrissent comme ça des fantaisies et des inventions des uns et des autres jusqu’à atteindre un niveau où chacun finit par s’y retrouver – le légende de Robin des Bois est exquise sur ce point qui part d’un personnage brutal et cruel au XIVe siècle pour devenir, au gré des participations tant de ceux qui récitaient leurs balades que de ceux qui les écoutaient, au XVIIe, celui qui assouvit, par la magie de la catharsis, les frustrations des injustices sociales –. Mais peu importe, on s’éloigne... Pour qu’il y ait échange, il faut qu’il y ait des choses qui sont conçues non plus comme des parts d’un ensemble mais comme des valeurs indépendantes les unes des autres. Vous mesurez l’imprécision, la fantaisie, l’injustice avec lesquelles se serait organisé le partage. Les mêmes qui faisaient qu’au Moyen-Âge, on pouvait toujours, au pire, s’en aller vagabonder. Avec l’échange, le collectif ne peut plus exister, ni l’aliénation autoritaire, ni les marges et les vacuoles de la fantaisie et de l’imprécision qui vont avec. Ce sont des individualités précises qu’il va s’agir de déterminer, aussi arbitrairement évidemment qu’on aurait déterminé et fixé un collectif. On connaît depuis Foucault la férocité d’une pareille précision dans l’organisation sociale.

 

  Et c’est bien l’arbitraire de cette identité individuelle qui tracasse. Ce qu’il faut voir, c’est que Marx a beau prendre appui sur la quantité de travail humain, qui lui permet d’une part de récupérer un collectif parfaitement disparu et d’autre part d’établir quelque chose comme une valeur intrinsèque à la marchandise, la question de l’être ne se pose pas plus que celle du collectif. L’individu ne connaît aucune qualité intrinsèque – d’ailleurs le prix ne tient plus compte du coût depuis longtemps –, et ne vaut que dans un rapport différentiel avec les autres individus. La conception de l’offre et de la demande, puis celle des changes flottants, sont forcément virtuoses qui condamnent la chose individuelle à l’isolement tout en la privant de quelque chose qui lui servirait de substance. Ce n’est plus seulement que la valeur de l’argent « n’existe que dans l’imagination » comme il est dit dans le Capital, que vous ne pouvez plus en remonter le cours, mais aussi celles de ces marchandises sans qualités autre que celle d’être désirée ou non. Il y a des situations individuelles béantes, qui ne sont pas remplies par des individualités propres, rien que des positionnements, des situations, des territoires inoccupés qui ne valent que par leurs rapports aux autres situations individuelles, où l’existence n’est qu’une question de fonctionnement, comme la couleur bleu est bleue davantage par rapport au rouge que pour sa longueur d’ondes fixée arbitrairement ; comme on fabrique de l’arôme de vanille à partir de l’acide férulique du riz ; comme n’importe quoi, comme tout ce qui tient, de toutes façons, du court-circuit. Mais peu importe. Il va sans dire qu’une position, ça tient de l’immortalité évidemment ; c’est le point qui fige et pétrifie un mouvement d’effectuations voué à courir, et obsède une question qui ne devrait plus se poser depuis longtemps.

 

  Cette question, soit dit en passant, pour le plaisir de la chose, vous la retrouvez dans celle de l’un, du multiple et des multiplicités, qui s’évanouit avant même de se formuler, malgré les tentatives opiniâtres d’un certain Alain Badiou qui, certes, pressent l’impasse dans laquelle Deleuze se trouve débordé avec ses multiplicités, mais déploie contre lui une technique ornementale surchargée et précieuse, dans laquelle ses idéologèmes réactionnaires étouffent et suintent, pour tenter de colmater une unité fantomatique et délirante sans se rendre compte que Godard la balaie, l’unité de ce monsieur Badiou, dans son Film Socialisme qui le réduit précisément à un territoire inoccupé.  Qu’il soit à même de constater qu’avec Riemann « on puisse prendre comme composantes des espaces », « des fonctions, en sorte que l’espace serait "peuplé" de variations plutôt que d’entités » sans en faire quelque chose, c’est bien ce qui le tourne en ridicule. Au fait, nous voici donc devant des rapports qui ignorent le collectif comme ils ignorent l’individu.

 

  Je disais donc qu’une situation a quelque chose d’immortel. Regardez les échanges de marchandises et de monnaie dans leur circulation simple, regardez leurs formes disparaître à la conclusion de l’échange, l’argent se dépenser, la marchandise se consommer ; regardez le mouvement s’évanouir et s’éteindre. Regardez maintenant le Capital, la circulation G–W–G’, vouée, dans sa logique désirante, à préserver et maintenir une valeur de rien indéfiniment, qui ne s’éteint plus avec la consommation de la marchandise, mais ricoche, ignore et avale cette consommation, et tourne à vide. Regardez l’hydroponie frénétique et illusoire de l’image-capital qui maintient un mouvement pour le mouvement et défi la mort. Le Capital, comme n’importe quelle image, c’est... comment dire... de la survie de mort en barre.

 

  Mais dans ce tour de passe-passe magique et affolé, les corps sont là qui jaillissent, fourmillent, dérivent, s’entrechoquent et n’en finissent pas de mourir. C’est que les mécanismes avec lesquels s’articule l’échange capitaliste, délirent quelque chose qui n’existe pas, un îlot imaginaire : le produit. « Le procès s'éteint dans le produit »... « Ce qui était du mouvement chez le travailleur apparaît maintenant dans le produit comme une propriété en repos. L'ouvrier a tissé et le produit est un tissu » nous explique Marx, qui insiste : « Des couteaux qui ne coupent pas, du fil qui se casse à tout moment, éveillent le souvenir désagréable de leurs fabricants. Le bon produit ne fait pas sentir le travail dont il tire ses qualités utiles ». Mais voilà, je vous dis que le travail humain n’atteint pas le seuil où son produit s’échapperait de la terre dont il est fait, qu’il manque forcément la perfection hydroponique de son isolement et qu’organiser des rapports en s’asseyant sur ce présupposé qui va d’îlots en îlots, d’identités absolues en identités absolues, qui pose des individualités ahuries qui forment une sorte de collectif de circonstances, est une folie. Marx a raison dans son intuition, de voir le travail humain partout, de le souligner, de le découvrir. Il n’y a pas de produits, il n’y a que des productions, c’est-à-dire des effectuations vouées à échouer.

 

  J’ai pris cela par tous les bouts, jusqu’à les faire se court-circuiter, mais dans ce désordre, je suppose que vous aurez glané quelques choses. Je voudrais maintenant ajouter au chaos de ce texte en parlant d’autre chose encore. Je voudrais parler de la canopée. Par exemple, celle de la forêt amazonienne, peu importe. Je ne sais pas si vous savez ce que c’est. La canopée, c’est cette chose dense et touffue que forment les feuilles des arbres. Représentez-vous ces effectuations au travail : vous avez de longs troncs nus, plus précisément entourés par des lianes, mais ce n’est pas la question, bref ces longs troncs qui se terminent par des feuillages extravagants qui leur permettent d’absorber la lumière et se rassemblent en un toit qui couvre la forêt amazonienne. Il se trouve qu’il y a un point assez amusant, c’est que quand un arbre meurt et choit, il y a comme un trou dans cette canopée, que ne tarde pas à combler le feuillage d’un autre arbre, une petite plante qui restait dans l’ombre de ce toit jusque-là, sans parvenir à trouver assez de lumière pour se déployer. Si je parle de cette canopée, dont les effectuations me paraissent exquises, c’est parce que là nous sommes au cœur de la puissance, une puissance que vous pouvez examiner du point de vue du collectif (l’ensemble de la canopée qui se maintient) ou de celui individuel (chacun des arbres qui la forme en se tordant et se déployant pour aller atteindre la lumière), mais dont vous ne pouvez pas dire finalement si elle tient de l’un ou de l’autre, tant la question individuel/collectif ne se pose plus.

 

  Nous sommes au cœur de la puissance tout autant que de la mycorhize, que décrivait Marx en ces termes, pressentant le court-circuit éblouissant que ce concept va nous permettre d’embrancher, sur lesquels nous nous arrêterons pour l’instant : « La seule force qui mette [l’acheteur et le vendeur] en rapport est celle de leur égoïsme, de leur profit particulier, de leurs intérêts privés. Chacun ne pense qu'à lui, personne ne s'inquiète de l'autre, et c'est précisément pour cela qu'en vertu d'une harmonie préétablie des choses, ou sous les auspices d'une providence tout ingénieuse, travaillant chacun pour soi, chacun chez soi, ils travaillent du même coup à l'utilité générale, à l'intérêt commun. »

 

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Published by claude pérès - dans LOGOS (dire - penser - agir)
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commentaires

myriam 26/08/2010 15:19



Merci, c'est sûr qu'on y glane pas mal d'informations !!