Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 09:41

Pina Bausch, c’est un corps qui s’organise comme ça ne viendrait à l’idée de personne. Un corps qui s’isole d’un ensemble qui virevolte ou gronde et se tend, déplace son poids sur la pointe des pieds, se suspend, redresse sa colonne, déploie ses bras, détache son buste et s’effondre, emportant avec lui un mouvement qui s’éteint peu à peu dans la fibre de ses muscles comme des ricochets.

Le corps de Pina Bausch est privé de l’assise de ses talons, risque le déséquilibre et se fait chahuter. Il est précaire, fragile, menacé. Il se laisse faire, accompagne le mouvement qui l’anime, le devance un peu, se fait surprendre, se retrouve emporté, se rebelle parfois. Jamais il ne se contraint, jamais il ne se force, jamais il n’essaie de contrôler.

Et c’est un rapport au monde que décrit l’organisation de ce corps aux abois, ce corps envahi par l’espoir et la détresse, aux bras implorants ou hardis, au buste malmené, dans lequel sourd quelque chose que vous ne savez pas reconnaître, la tendresse ou la cruauté, face à quoi vous ne savez pas réagir, rire ou pleurer.

Partager cet article

Repost 0
Published by claude pérès - dans POST-IT
commenter cet article

commentaires