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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 02:06

 


A quel point la façon dont est organisée cette société, son économie, son rapport au travail, aux gens, ce détournement ahurissant de talents, d’intelligences, d’énergies, de temps, ce vol scandaleux et ignoble de vies, me répugnent et m’écœurent, je suppose que je ne m’y ferai jamais.

  Je ne souhaite à personne d’exercer un métier dans cette société, parce que ça ne peut pas être autre chose qu’une malédiction, une vie de chien. Parce que c’est âpre, impossible et sans pitié. Parce que ça fabrique une société de gens hagards, épuisés, désemparés, frustrés, malheureux et féroces. Et personne n’est plus malin que les autres, ce n’est pas vrai.

  Je veux dire deux choses, je ne les dis pas souvent, je préfère consacrer mon énergie à construire ma vie loin de cette fureur, mais je les porte en moi de toutes mes forces :

d’abord je veux rappeler qu’une vie, ce n’est pas quelque chose d’indéfini, que c’est précieux parce que ce n’est pas indéfini, précisément, que ça s’arrête, et que préoccuper son temps, son énergie et son talent à des questions de vanité et de confort, se flatter de se soumettre à une organisation qui vous fait la vie impossible, qui vous confisque la possibilité de regarder le soleil se coucher, de respirer l’odeur de l’herbe, de faire l’amour, de rire, de voir les gens que vous aimez vivre, de faire comme il vous chante, qui vous tue à la tâche, une tâche qui ne sert à rien, qui ne vous est rien, qui ne vaut rien, rien d’autre qu’une valeur de confort, c’est une insulte à la vie, c’est l’obscénité la plus cruelle du monde ;

ensuite, je ne suis pas idéaliste, je suis concret, pragmatique, une société qui épuise ses membres, qui ne leur laisse pas le temps d’affirmer leurs talents, leurs goûts, leurs humeurs, qui les force et les accule, qui les abrutit avec des préoccupations qui ne sont pas les leurs, et qui leur laisse les miettes de leurs propres vies, la peau, le chagrin, une fois qu’ils sont passés à côté de tout, est une société qui se prive de ses forces, de ses talents, de ses inventivités, de ses intelligences, une société qui ne se laisse pas surprendre et dépasser, et une société qui ne peut pas être viable.

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Published by claude pérès - dans POST-IT
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