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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 17:01
  C’est parfaitement impossible pour moi, sans même émettre un commentaire, ne serait-ce qu’avoir une pensée quelconque sur ce premier jour de la convention démocrate qui s’est déroulé hier, tellement la chose que j’ai eue sous les yeux m’a sidéré. Je ne pense pas : je suis ahuri. Je ne distingue pas la moindre brèche, aucune ouverture d’aucune sorte dans laquelle infiltrer ma pensée. Je ne comprends aucun des événements qui se sont succédés, je ne vois même pas de quoi il peut bien s’agir. Qu’est-ce qui leur prenait à ces gens, de quoi parlaient-ils, si ce qu’ils faisaient correspondait pour eux à l’activité de parler, ou simplement que faisaient-ils donc ? Qu’est-ce qui les amenait là et qu’est-ce qui les faisait rester ainsi, crier, pleurnicher, s’agiter de tous leurs nerfs ?

  Etait-ce le séminaire annuel d’une secte ?, une cérémonie de remise de prix couronnant quelques obscures performances ?, un congrès national des meilleurs vendeurs de boîtes en plastiques du pays ? une réunion d’alcooliques anonymes ou d’obsédés sexuels ou d’une inconvenance quelconque ?, une opération de propagande à la gloire d’un dictateur d’un pays lointain ? Etait-ce réel ? Ces participants ont-ils des vies ? Mangent-ils des aliments solides ? Dorment-ils au moins quelques heures par jour ? Ont-ils encore des corps ?

  Je ne sais pas. Je ne pense rien. Je ne comprends pas. Je ne sais pas du tout à quoi j’ai assisté. Et ce ne sont pas ces discours fondant un humain comme un personnage de conte de fées ; ces déclarations vomissant leurs émotions inconséquentes ; ces illusions et ces rêves d’immortalité ; ces larmes et ces cris délirants ; cette utilisation morbide de l’intimité ; et ce prêchi-prêcha ahuri à la fin de cette sorte de prêtre qui vient mélanger la politique à la religion, récupérer l’un et l’autre pour asseoir son message prosélyte et ce dans le silence du recueillement maniaque de la foule qui ne trouve rien d’autre à faire que prier, qui puissent me venir en aide et m’apporter la moindre clef pour y voir plus clair. Je ne sais décidément pas de quoi il peut bien s’agir.

  Peut-être, s’agissait-il d’une réunion d’obèses émotionnels anonymes, c’est-à-dire de gens rendus handicapés par la surconsommation affective, des corps béants animés par des émotions consommables, qui ne correspondent plus du tout à rien.

  Une chose est sûre : il ne pouvait être question d’un homme qui présente un projet précis et clair de gestion d’un pays, ni de personnes venues entendre et discuter ce projet, le contester ou le faire leur, ça, aussi confus que cet événement me rende, je suis presque certain que ni cet homme ni ces gens n’ont quoi que ce soit à faire avec la gestion ou l’organisation de quoi que ce soit et je crois pouvoir dire, après avoir vu ce spectacle, que c’est tant mieux.

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Published by claude pérès - dans En Ville (Politique)
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