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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 00:29
  Il y a ce rire que je porte en moi. Quand je regarde les gens vivre et s’organiser. Ce rire imperceptible, qui s’étonne, se réjouit, éclate parfois, s’esquisse à peine souvent et déjà s’évanouit sur les lèvres.

  Vous ne me verrez pas disparaître.

  Il y a un moment où l’humanité, c’est un spectacle aussi.

  Vous ne me verrez pas disparaître, précisément parce que j’aurai déjà disparu.

  Je ne sais pas si c’est une fronde, ce rire, le grondement de mon insolence dans le monde.

  La disparition, évidemment, c’est le genre de choses qui ne se voient pas.

  Et puis aussi, sans doute que je trouve l’énergie dépensée par les gens complètement disproportionnée à l’importance de la tâche. Ca alors oui. Ca m’amuse tellement ça paraît fou.

  C’est à ça qu’on reconnaît la disparition d’ailleurs, à ce qu’on n’a rien vu.

  Il y a aussi toute cette inventivité, toutes ces idées qui ne me seraient jamais venues tellement je ne me serais même jamais préoccupé de certaines choses. Ca ça m’épate. Que certains problèmes se posent à des gens, qu’ils déploient des prouesses d’imagination pour y répondre, ça reste complètement exaltant. Ca alors, je n’en ai jamais assez tellement c’est savoureux.

  Ca m’arrive souvent de serrer les poings très forts et les mâchoires et de froncer les sourcils.

  Et que les gens résistent, là je crois que ça m’impressionne, que les gens fassent cette chose qu’ils croient qu’il faut faire de lutter, qu’ils se mettent dans un tel rapport de force avec la vie, qu’il s’épuisent et qu’ils tiennent. Là alors, je crois vraiment que c’est une force qui n’est pas du tout employée à bon escient, mais je comprends, ça me bouleverse même.

  C’est les fois où le monde autour n’a pas encore complètement disparu pour moi. C’est rare.

  On dirait que je parle des gens comme de fourmis là, comme si j’étais au zoo, je sais, je n’y peux rien, les gens me font rire. Peut-être qu’au fond, je n’arrive pas à les prendre au sérieux. Je crois que je n’y arrive même pas du tout.

  La plupart du temps, le monde autour n’existe plus, il ne ressemble plus à rien, il est englouti.

  Et je ris, mais alors j’éclate de rire. Je ne sais si je me moque, si je suis attendri. Ou si je suis complètement indifférent. Ou si je suis sage et que je n’ai plus peur de rien.
 
  Il n’y a plus que des gens qui s’organisent. Ca, ça ne peut pas disparaître encore.

  Bien sûr il m’arrive souvent de me faire rire aussi.

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Published by claude pérès - dans Poèmes
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commentaires

Artno 01/12/2008 23:53

est-ce cynique si je :0036: ? non sans doute, je ne sais si je suis sage ou si je n'ai plus peur de rien.

myriam 11/06/2008 08:29

Et de nous faire rire ! :-)