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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 15:12
Je ne sais pas. Ca m’arrive encore de prendre par le mauvais bout les choses que j’aborde quand je les… alors là je ne sais pas comment dire, exprime, formule, non, travaille avec l’écriture tiens… il m’arrive de mal m’y prendre quand je barre de mots les choses que je conçois. Par exemple, je ne suis pas sorti des rapports différentiels quant je parle de l’image qui a l’air de s’opposer à, mettons, la réalité, alors que dans ma conception, la question de savoir si ça s’oppose ne se pose pas. Dans la réalité vous avez voir, voir des effectuations, voir en tant qu’effectuation, puissance d’effectuation et effectuation en puissance, là c’est prévoir et halluciner. Ca me gonfle là ces mots comme ça, je vais faire sans. Vous avez voir des trucs qui se passent, avec la vue vous recueillez des informations, vous avez voir en tant qu’information aussi, ça c’est phénoménologique, par exemple : « il se retourne, il voit », peu importe quoi à ce moment-là, l’information, c’est : « il voit », notez la merveilleuse mise en abîme de cette information, si vous pensez que ça va jusqu’à l’information : « il voit que telle autre personne voit » et même : « il se voit dans le miroir voir », notez le court-circuit de la phénoménologie en passant, enfin bon… et puis vous avez prévoir, vous en avez d’autres, bon… bon je trouve qu’on se concentre un peu trop sur la phénoménologie, qu’on est hypnotisé par le fait de voir, au point de ne prendre ce qu’on voit que pour choses négligeables. Je ne dis pas que c’est mal, je vais vous dire, je m’en fous un peu que ce soit mal ou pas, ce que je dis, c’est très important, c’est que ça se monte en circuit, que ça participe à une organisation sociale dans laquelle chacun des termes s’annulent. Qu’est-ce que je raconte ? qu’une société démocratique, elle fonctionne en annulant ses termes, en déchargeant, castrant, épuisant tout ce qui la compose. Je n’ai pas d’avis sur le fait que ce soit bien ou mal, je sais deux choses : que ça marche, que ça marche très bien, ça c’est une chose, ça peut vouloir dire que c’est très bien que ça continue comme ça, et l’autre chose que je sais c’est que je le refuse physiquement, que je ne me laisse pas décharger, de presque toutes mes forces, je dis presque, parce que, finalement, ce n’est pas avec mes forces que je m’y prends. Mais je ne dis pas que j’ai raison de le refuser. Et mon travail, ce n’est pas du tout de me fonder dans une révolte, ni d’encourager les gens à quoi que ce soit, vraiment pas. Je vais vous dire d’abord, je sais que si ça vous fonde, si, donc, ça vous flatte, c’est impraticable. Il faut que je précise là, je vais prendre un exemple, bon… tiens je ne crois pas du tout au complexe d’Œdipe, voilà, parce que le problème pour moi, si c’est un problème, il se trouve plutôt dans le fait que chacun des termes, parent, enfant, se fondent l’un l’autre, se fait exister, se situe, le parent « est » le parent de l’enfant et l’enfant « est » l’enfant du parent, le problème là-dedans, c’est le sens que ça génère, l’hypothèque que c’est, qui court-circuite la façon dont vous allez aborder les choses… Bon, je ne développe pas, j’en reviens à mon travail. L’idée est la même, je ne veux pas tirer mon épingle du jeu, monter un circuit qui me permet de me fonder, de faire de moi, par exemple, celui qui pense tels trucs, « être » celui qui articule tels trucs, etc… Je répète : je ne fais pas un travail pour me flatter, je ne suis pas sensé me donner raison, ni donner tort aux autres. Là, ça se complique un peu, parce que quand vous lâchez un mot, il prend sa valeur en s’opposant à un autre mot. Vous lâchez une idée, vous allez forcément la voir se fonder, se figer par rapport à quelque chose qui se fonde et se fige en même temps. Au final, vous passer à côté et de quelque chose et de l’autre chose. Là vous voyez je bute sur la technique – la  philosophie, ce n’est jamais qu’un truc de technicien – parce que, pour faire vite, exprimer une idée, c’est déjà la faire fongible, vous avez forcément besoin de mettre au point un autre mode d’expression qui puisse dégager la complexité de la chose, c’est-à-dire ne pas la fonder dans un rapport, laisser toute sa puissance d’effectuations ouvertes. Un concept, c’est un truc qui peut se connecter avec n’importe quoi d’autre, ça ne peut pas s’établir dans un rapport, ça doit pouvoir se brancher dans n’importe quelle prise et faire du jus. Et ça doit se brancher aussi au mur, à la table, à la plante, à n’importe quoi. Alors si j’ai l’air d’établir la réalité par rapport à l’image, je fabrique des trucs boursouflés, qui se trimballe comme ça avec des connexions toutes faites et impraticables : je parle de l’image, je me trimballe toute la réalité avec – c’est comme ça que se forme l’inconscient, pour les gens qui en ont, l’inconscient, c’est technique aussi – . Le piège, c’est de ne plus parler ni de l’image, ni de la réalité, mais de l’image de la réalité et de la réalité de l’image, mais bon…  Bref, mon idée, n’est pas de fonder les choses ou moi, mais bien de les laisser à leur périssabilité. Mon idée, n’est pas non plus de regarder une société en expliquant comment elle est pourrie et comment je suis plus malin. Mon idée, c’est de voir les marges qu’il y a à dégager. Il me semble qu’étudier comment ça fonctionne, c’est étudier comment ça pourrait fonctionner. Je regarde que tels trucs sont possibles, je regarde les trucs, je regarde que c’est possible, je dégage les possibilités, il me semble. Voilà, pour l’instant je bute, certainement sur des faux problèmes, alors je les laisse tomber ces problèmes, je les laisse tomber et s’effondrer d’eux-mêmes. Je suis assez calme avec ça dans l’ensemble.

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Published by claude pérès - dans LOGOS (dire - penser - agir)
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commentaires

myriam 28/04/2008 17:28

Oui ces terribles ces dualités, ces oppositions, qui s'imposent alors qu'on essaye de les fuire, de les contourner. Mais en tous cas tu t'en sors bien, j'ai toujours considéré ton travail comme une sorte de mode d'emploi, de manuel de vie, "comment s'en sortir dans la société" ! :-)