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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 07:32
  Je ne sais pas ce que c’est réfléchir ou penser. Je sais ce que c’est qu’ébrécher, creuser, fouiller, labourer, dégager, extraire, effondrer.
  Je travaille la terre. Je travaille la terre avec mes mains. Avec mes membres, mes dents, mes muscles, ma peau, mes organes, mon intellect. Je ne suis pas du genre à avoir peur de m’en foutre partout. 

  Par exemple je suis vulnérable. Je ne sais pas exactement ce que ça veut dire. Je ne sais pas si ça veut quelque chose de toutes façons.

  Sensibiliser, c’est « rendre » une personne ou un organe ou autre sensible, attentif, perceptible, etc… être sensible, c’est un peu comme avoir le crâne bourré, bourré et saoul alors.

  Vulnérable, je suppose que ça veut dire que je suis au bord de la faillite, ou qu’au moins la faillite est possible, que, dans ce qu’il m’est possible, il y a faillir.

  De toutes façons, tous les mots avec « phil », c’est des perversions : zoophile, pédophile, nécrophile, philosophe…

  Je ne pense pas que ça puisse vouloir dire que je suis cassable, parce qu’il n’y a rien à casser. Je suis effondré. C’est déjà fait.
  Je suis indestructible, puisque je ne me construis pas.

  Je ne vois pas comment une personne qui se fait prendre peut ne pas être folle de voracité, vu qu’elle n’atteint pas souvent l’orgasme, à moins de prendre le pouvoir ou de faire des trucs très techniques, bref de ne pas du tout baiser comme les gens le font dans cette société.

  Je suppose que ça veut dire que je ne résiste pas à tout.

  L’inconscient n’existe pas, ce qu’il y a, c’est une merveilleuse force d’inertie, une immense incapacité à se laisser faire, à se sensibiliser, à endurer, à encaisser.

  Ca ne veut pas dire que je ne résiste à rien, par exemple, je résiste à résister à tout.

  Aujourd’hui, je me suis demandé si ce qui a été appelé « kinésiologie », puis « analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé », que je pourrais appeler « cinétique fonctionnaliste du corps » était autre chose que l’imposition d’un langage dans un corps « sensibilisé », avec tous les mécanismes d’un langage, prise de conscience, identification, liens et connections, rapports, structures, etc… et oui, ça n’a rien à voir avec un langage, c’est du dégagement de puissance en mouvement, sans but, ni sens, ni idées.

  La vulnérabilité, c’est ce truc dont on ne peut rien faire parce que, je ne sais pas, parce que ce n’est pas viable, parce que ce n’est pas solide, parce que, sans doute, c’est incapable et inapte.

 Je ne vois pas pourquoi quelque chose qui fait défaut ne pourrait pas être une qualité.

  Je sais qu’on se demande forcément d’où parle celui qui parle et à qui. C’est du rapport situationnel, c’est confondre locuteur et locataire. Je ne pense pas qu’on se demande d’où et à qui hurle celui qui hurle par ailleurs.

  J’imagine que je pourrais sauver le monde rien que pour ça, sa vulnérabilité, sa résistance incapable, sa force d’inertie inapte à machiner, ce qui est appelé son inconscient malade qui fait buter les systèmes. Je veux dire sauver à mes yeux, sauver le monde du dégoût à mes yeux. (Je suppose que c’est pareil qu’aimer.)

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Published by claude pérès - dans Poèmes
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commentaires

Querelle 12/02/2008 14:20

Excellent article, beaucoup plus ouvert que les précédents. C'est vrai que ça me fait penser un  peu aux dialoques.Tu as oublié le principal mot en "phil" d'ailleurs : philantrope :)

mike 10/02/2008 10:28

Non, c'est pas pareil qu'aimer, aimer c'est renoncer à sauver le monde, c'est renoncer à ça. C'est comme dire moi maintenant j'ai plus besoin de ça, pour ne pas dire moi j'ai renoncé à ça.

myriam 10/02/2008 09:54

C'est de la poésie philosophique  ? :-)Ca me fait penser aux dialogues.