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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 23:25

La loi dite de "rétention de sûreté" offre à la justice de pouvoir retenir d'années en années jusqu'à perpétuité des condamnés "estimés" dangereux par une commission pluridisciplinaire (préfet, magistrat, psychologue, psychiatre, avocat, victime). On l'aura compris, il s'agit d'un glissement nauséabond entre une peine pour des faits et une "mesure de sûreté" pour des éventualités et des soupçons.
La logique qui sous-tend ce glissement est répugnante. Au niveau judiciaire en mettant à mal la conception républicaine (cf la tribune de Robert Badinter dans Le Monde), mais aussi au niveau philosophique, en opérant une régression et un retour à des idéologèmes archaïques.
Déduire de faits le bon ou le mauvais d'un être, renvoyer les actes à celui qui les accomplit pour le situer, le définir, constitue déjà une impasse folle, dans laquelle la morale, la justice, les sciences ou la psychanalyse s'emmêlent. Mais alors, ne même plus s'appuyer sur des faits, le déduire, le spéculer de "l'étant d'un être", hypothéquer un être en mouvement pour le définir et le fixer en lui-même, indépendamment des faits pour lesquels il a purgé sa peine, comme bon ou mauvais, c'est une opération délirante et dangereuse.
Malgré son agitation vaine et criarde, finalement, Nicolas Sarkozy est un vulgaire petit réac.

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Published by claude pérès - dans POST-IT
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commentaires

myriam 12/01/2008 01:40

Ca oui !