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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 03:52
Vous ne pouvez pas dire que vous n’aimez pas la vie, ça n’a pas de sens. Ca n’a pas de sens, la vie, et aussi de dire que vous ne l’aimez pas. Vous ne pouvez pas aimer ou non quelque chose qui n’a pas de sens, la question ne se pose pas. Je suppose que je pourrais dire ça de tout. Je suppose aussi que ça finirait par me faire dire que vous n’aimez rien ni personne. Je ne me rends pas compte si ce serait vrai, ni même si je serais d’accord.

Cette fois, je dis vous. On, les gens, il, je, c'est pareil, le sujet n'a aucune importance.

Par exemple, il y a des gens qui croient que c’est en prouvant qu’ils ont une bite qu’ils seront aimés. Une bite, ça peut être n’importe quoi, des muscles, de l’argent, une maîtresse, du savoir, un pouvoir, n’importe quoi qui se compte. Je ne sais pas comment font les gens qui n’ont pas de bite, j’imagine que ce sont eux qui se dévouent pour compter.

Dans le temps, je savais écrire, vous savez. Il se trouve que je vais toujours là où je ne sais pas, c’est tout.

Vous ne pouvez pas dire en lisant ce que j’écris que je crois que l’esprit dirige le corps. Je ne sais pas de quoi vous parlez. L’intellect, c’est un muscle, c’est entre nécessité et possibilité, c’est un outil qui se développe en réponse aux sollicitations. Ca fait que ça saisit les possibilités et que ça rend possible, que ça rend possible en saisissant les possibilités jusqu’à la possibilité de ne pas les saisir. Vous ressentez l’importance de la chose ? Ca fait aussi que ça trimballe toutes sortes de traumatismes. Vous croyez que l’esprit dirige le corps : vous en faites un truc inutilisable.

Je ne crois pas aux esprits de toutes façons.

Le problème, c’est que ça ne se pose pas en termes de bites ou d’être aimés. Alors, c’est forcément voué à l’échec. Avoir une bite ou être aimé, c’est du vent. Vous avez cette vie qui n’a pas de sens où vous n’existez pas, vous pouvez compter pour l’autre ou lui demander de compter pour vous, d’être important en faisant les comptes de ce que vous et l’autre n’avez pas et n’aurez jamais autrement qu’à le compter.

Je veux dire, je n'y crois pas du tout. Je dirais même qu'il faut déposséder le corps des esprits.

Je ne sais pas si vous mesurez à quel point ça compte que ce soit comptable, parce que c’est une vie entière qui repose sur cette condition : exister, être aimé, avoir une bite et croire aux esprits. Si ça se calcule, ça donne l’illusion que ça existe, que ça a un sens donc, vous sentez ça, la science, la logique, la métaphysique, ça permet de tenir toute une vie.

Je ne sais pas si c’est utile de préciser que je ne pense pas qu’ « avoir une bite » coïncide forcément avec l’organe. Vous savez que, dans certaines théories, le Phallus est le pivot entre imaginaire et symbolique de toutes façons.

Vous savez ce que les psys disent, que les « hommes » n’ont pas de bite, qu’ils sont des bites. Vous avez des gens qui se rendent comptables et d’autres qui comptent pour eux. Vous regardez dans cette société, c’est-à-dire pas dans une entité imaginaire, mais n’importe où autour de vous, cette histoire de calculs, ça s’appelle l’amour.

Vous voyez que ça ne peut pas se poser en termes de sens et d’amour. Ce que vous aimez là, ce sont vos calculs, c’est tout.

Je ne vous dis pas que vous ne savez pas aimer. Je ne vous dis pas non plus qu’il y a une façon d’aimer bonne et une autre mauvaise. Je vous dis que dans tout ça, pas à côté, pas à l’opposé, ni dans une alternative, ni dans une dualité, mais à travers tout ça, vous avez quelque chose de tellement plus simple, de tellement plus solide, de tellement plus fonctionnel, de tellement plus « réel », la puissance d’un corps qui traverse et fait voler en éclat les esprits, le sens, les calculs. Vous avez les images de l’esprit et dans tout ça, la réalité de jouissance du corps. Il faut voir ce que vous visez.

Non, et puis, je ne vous dis rien, vous en feriez encore un truc pour espérer. C’est incroyable cette capacité de rabattement à la fin, fabriquer et fixer des trucs, ne plus désirer que désirer, n’espérer qu’espérer et n’aimer qu’aimer. Ce que vous appelez « inconscient », c’est votre réalité qui ne se fait pas à ce court-circuitage de termes à termes, qui ne reposent sur rien, et surtout pas sur elle, qui tendent à s’en passer en l’annulant et la déchargeant et qui n’en finissent pas de se la trimballer quand même, qui tendent à s’en passer précisément parce qu’ils se la trimballent. Là, entre aimer et aimer aimer, cette force qui tient, qui met en échec tous les systèmes ne serait-ce qu’en ne se laissant pas annuler, cette charge qui résiste… si aimer la vie avait un sens, ce serait aller là, là où aimer la vie et avoir un sens n’ont aucune importance parce que ça ne fait pas le poids.

Vous avez déjà entendu parler de la confiance, non ?
 

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Published by claude pérès - dans Poèmes
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