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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 21:30
Je ne suis pas graphomane.
 
Ce n’est pas pour autant que je me fatigue facilement.

Je ne suis pas du genre à me laisser abattre, mais c’est parce que je ne m’abats pas, je crois même que je ne me bats pas, je résiste, je me défends, des fois, oui, quand j'en ai besoin, ça m’arrive d’être en colère, ça marche la colère dans cette société, on arrive toujours à ses fins avec la colère, parce qu’elle rend plus précieuse la douceur qui suit. Les gens ont besoin qu’on leur hurle dessus pour apprécier les caresses ou alors les gens ont besoin qu’on leur hurle dessus, je ne sais pas, je m’en fous, de moi, des gens, rien à battre donc, je parle d’autre chose.

Je dis que l’être humain, il ne naît pas avec un inconscient – je reprends là, j’y vais – je dis que l’inconscient n’existe pas. Qu’est-ce que c’est l’inconscient ? c’est quand on fait quelque chose pour la conséquence signifiante que ça a plus que pour la chose elle-même. Ca veut dire qu’on est avalé par l’idéal. Ca veut dire qu’on renonce à être pour exister socialement, exister socialement c’est se situer dans la société. Bon, j’avance, tout ça, je vois bien que personne ne suit, alors j’ai prévenu, j’y vais, je ne m’arrête pas pour attendre – j’ai horreur d’attendre, c’est le genre de trucs qui me fait hurler – par exemple si quelqu’un me fait attendre, en sachant que ça me fait hurler et que je hurle, ben, là, on est en plein dans l’avalement – l’avalanche – signifiante – donc je dis que mon action – ma parole, c’est une action aussi – je dis que mon action est et qu’elle est indépendamment de sa conséquence. Je dis que je suis, et que mon être est au-delà de mon existence sociale. Ca veut dire que je ne fais pas quelque chose pour me situer, je fais quelque chose parce que j’en ai besoin pour vivre. Je détisse la toile. C’est débile de suivre une cure psychanalytique dialectique, il faut voir le télos de la praxis analytique, le monologue dialectique, eh oui, de la cure, c’est le détour le plus long qu’on puisse faire pour arriver, par exemple, à la Chose, bon, passons, peu importe, on ferait mieux de détisser la toile, plutôt que de parler de son ego, c’est tout. Tiens, quand on se débat dans des sables mouvants, il paraît qu’on s’enfonce encore plus, ou bien gardons l’histoire de la toile, la mouche qui se débat, qui s’enroule dans la toile en se débattant, eh bien l’analysant, puisqu’on dit ça, dans la cure psychanalytique, c’est une mouche dans une toile. Enfin bref, c’est son problème à cette mouche, je suppose que ça l’occupe. Je dirais qu’on peut aussi détisser la toile donc. C’est-à-dire affirmer ses besoins. Regarder les choses en elles-mêmes, pas leurs conséquences signifiantes ou sociales, regarder nos besoins, je pourrais préciser aussi en eux-mêmes, à la différence du désir qui n’est qu’une question – et une question, c’est une névrose – de conséquences, et voir ce qui est possible. Je dis regarder ou voir, bon, ça ne passe évidemment pas par l’image, ça n’a pas d’image, ça ne ressemble à rien.

Duras : - Je n’ai plus de bouche, plus de visage.

Par exemple, je pourrais dire d’arrêter de parler – je n’ai plus l’impression de parler pour le dire. Je ne dirais jamais assez le soulagement que c’est de ne ressembler à rien : un rien, des riens, des choses. J’ai une bouche pour hurler oui, parce que hurler c’est brut et brutal, c’est la chose elle-même, c’est pris comme c’est, ça n’est pas le prétexte d’une conséquence (conséquence, séquence, con) qui situe, c’est trop brut pour être situé.

Je ne dis pas qu’il faut hurler tout le temps non plus. Hurler tout le temps, ça ne répondrait pas à un besoin, mais à un désir – le désir, c’est le besoin d’une conséquence de chose et non d’une chose elle-même – et même ça serait une situation à part entière à la fin : - tu es où ? – je suis le hurlement. On peut faire la différence entre besoin, désir, chose et conséquence, c'est ça détisser la toile. La subversion, la révolte, peu importe le nom, ce n'est pas autre chose – ce n’est pas autre chose = ce n'est pas une conséquence. L’idée c’est quand même d’arrêter de s’épuiser. J’arrête là.

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