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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 19:12
 
 
  Dans ce déploiement indéfini, illimité et indéterminé, c’est-à-dire sans terme aussi, de sens, on a beau faire, il reste quand même quelque chose. Par exemple, on peut fabriquer le sens qu’on veut, les émotions, les pensées qu’on veut, on peut dire qu’on n’y parvient pas, que quelque chose se rétracte. Pour l’art, ça va être, ce qui n’a pas pris forme, ce qui ne ressemble à rien, pour l’être humain, ça sera, ce qui résiste, le noyau de sa névrose comme c’est appelé. En d’autres termes, c’est ce qui est échoué, ce qui met en échec tout un système et qui échoue parce que dans cette société on donne forcément raison au système.

  Alors on va dire que ce qui résiste, c’est la folie, ou l’imperfection ou peu importe, ce qui est irréductible, on ne va rien fonder dessus, on va dire que c’est de la merde, puisque la merde, c’est précisément ce qui est irréductible.

  Il y a quelque chose qui ne s’avoue pas vaincu, qui ne s’avoue pas du tout d’ailleurs. On ne construit rien avec ça, on ne fait rien avec la merde, quoi qu’il y ait des gens qui en mangent, mais c’est à considérer que ce qui est irréductible ne l’est pas, or ça l’est, irréductible. Non seulement on ne construit rien avec ça, mais tout ce qu’on construit n’est jamais qu’une prolifération pour retarder le moment où on bute contre ça.

  Il se trouve que de ce qui se cherche, ce qui reste, ce qui est résiduel et ce qui reste, disons, à faire, ce n’est pas rien, ce n’est pas des riens, et même c’est tout, c’est tout : ça suffit.

  C’est-à-dire que ce n’est pas réduit à être irréductible, comme on fait avec les gens qu’on met en prison parce qu’on ne sait pas quoi en faire, mais que c’est irréductible à ne pas être réduit. C’est très différent. La croyance, la foi, dans, on pourrait faire une liste, la beauté, la perfection, la raison, la science, les dieux… c’est indéfini, c’est l’escamotage qui consiste à réduire ce qui est irréductible. Evidemment, c’est peine perdue et qu’elle peine c’est, franchement.

  Alors que, ce qui est irréductible, la chose qui se rétracte, la chose qui ne prend pas sens, ce sur quoi le système bute, ce qui ne rentre pas dans le rang, ce n’est pas autre chose que la réalité. Et c’est cette réalité qu’on nous escamote.

  Eh bien que la réalité soit irréductible, qu’elle fasse buter tous les systèmes, qu’elle résiste à l’aliénation systématique, c’est bien que ce n’est pas rien.

  La réalité, c’est ce qui reste, au sens de restes, la Chose lacanienne par exemple, l'ordure au-delà de la lettre, de letter à litter selon les termes qu'il emprunte à James Joyce, et là, elle est malheureuse quand même cette réalité, puisqu’elle est de la merde donc, ou c’est ce qui reste, au sens de rester, et là c’est la jouissance, hors-la-loi, hors-le-sens et alors là, la merde, ce sont les systèmes qui la fout(r)ent.
 

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commentaires

myriam 03/08/2007 11:40

ah, c'est la guerre !! :-)