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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 14:28
  La réalité, ce n’est pas ce conflit auquel on se réduit entre, je ne sais pas, son désir et par exemple l’interdit de la société, parce que la réalité est irréductible. Ce n’est pas l’idéal qui se pose là comme présence d’une absence qui renvoie à l’absence d’une présence, qui y renvoie indéfiniment. La réalité, il est certain qu’elle n’est pas dans ce renvoi, dans ce vomi de l’être.

  L’amour, comme leurre idéal, c’est forcément au présent, on dit : j’aime, on ne peut pas dire : j’ai aimé, parce que dès que ce n’est plus présent, ça n’a jamais existé. En fait, ça ne peut avoir lieu que dans le conditionnel, on ne devrait jamais dire que : j’aimerais, comme l’expression d’un désir impossible ou d’un désir d’impossible ou d’une impossibilité de désir. L'amour, comme ce qui a rendu des choses possibles, ça reste présent, dans les choses que ça a rendues possibles, par exemple. Il arrive que ça rende l'impuissance possible aussi. Enfin moi, ce que j'en dis...

  Il y a un truc, un trucage, fondamental dans l’amour, face à la réalité de l’autre en tant qu’elle s’échappe et sa réalité à laquelle on n’échappe décidément pas, c’est de poser l’autre à ce qu’il ne puisse s’échapper pour s’échapper soi. C’est précisément ça le leurre de l’amour, la double-négation de la réalité, de l’autre et de la sienne.

  On ne peut vouloir s’échapper que de ce qui nous fait la vie impossible, mais c’est ne pas voir que la réalité, c’est là où c’est possible, sinon ce n’est pas réel. Et ça ne veut pas dire, là où c’est permis, parce que ce qui est permis, évidemment, c’est impossible. C’est-à-dire, ce n’est pas sur la lune, en tout cas pour l’instant, en tout cas pour moi pour l’instant, ce n’est pas dans l’autre, c’est là où ça ne me viendrait pas à l’idée de m’échapper si je ne la laissais pas elle-même m’échapper par mon désir impossible, dans ma réalité en tant que possibilité de jouissance.

  Je dirais, pour en revenir à ce conflit, que de la loi, on ne peut pas en tenir compte autrement que comme ce que ce n’est pas, en tant que dieu et le père morts. Qu’on ne peut vivre que là où il n’y a pas la loi, que la où elle n’est pas encore passée, que là où sa portée s’affaiblit. Il arrive, de par notre désir, de par notre demande, parce qu’au père on demande tout, puisqu’il est là pour refuser, ça ne coûte rien, ça ne coûte que la réalité, et la jouissance avec, qu’on fonce dans le mur, le mur idéal donc, la présence d’une absence. Bon, ça s’apprend vite pourtant qu’un mur, ça ne peut pas se traverser, non ?, en tout cas pour l’instant, en tout cas pour moi pour l’instant. En réalité, dans cette société, on peut faire tout ce qu’on veut, sauf à vouloir l’impossible, et c’est précisément le tour de force de cette société qui nous aliène fondamentalement quand ça nous prend de foncer dans le mur.

  J’ai réécouté cette chanson il y a quelques jours, je me suis dit que Barbara, elle est sacrément joyeuse quand elle s’échappe de son amour, dont elle est sûre qu’il ne s’échappera pas, puisqu’il dort.

 


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