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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 13:50
  A quel point l’être humain est puissant, c’est inimaginable (c'est hors d'image).

  Alors, bien sûr, il y a une société, c’est-à-dire un ensemble – et qui se ressemble s’assemble, ou plutôt qui s’assemble se ressemble pour s’assembler -  avec une réalité dite objective, c’est-à-dire commune, commune ça veut dire aussi quelconque, désolé, donc oui une société avec une réalité qui met tout le monde d’accord, qui accorde tout le monde, qui compromet, qui fait des compromis et qui corrompt, qui réduit l’être humain à ce qu’il ressemble à ce à quoi il est censé s’assembler. Oui, il y a des êtres humains qui existent là où on est sûr qu’ils ne seront jamais, qui se font reconnaissables pour être « reconnus », au sens hegelien du terme, qui se piègent dans la dialectique du désir qui atteint décidément son but, puisque son but c’est de ne pas l’atteindre, afin de maintenir l’être humain, de le tenir pas les couilles, à ne pas être, à « désêtre » selon le terme de Lacan.

  Oui, il y a une neutralisation, une mutilation, une castration à faire entendre raison à l’être humain, à substituer la raison à la réalité, à le rendre raisonnable-reconnaissable-castré, oui, mais il y a un point d’achoppement, précisément celui sur quoi la société se fonde, celui que le désir ne peut pas atteindre, c’est que l’être humain est déraisonnable, qu’il est au-delà de la raison, qu’il est méconnaissable.

  Sa névrose, c’est le symptôme de sa révolte, de son irréductibilité essentielle à se soumettre, de son incapacité fondamentale à faire sienne la langue de l’autre personne, la langue de personne d’autre, la langue de personne, de ce qui tord et donne tort à la raison, comme tentative castratrice sociale. La névrose, ce n’est pas le symptôme de la maladie de l’être humain, mais celui de la maladie de la société dont il refuse le contage.

  C’est dans ce qu’il n’est pas logique, dans ce qu’il bute, dans ce qu’il échoue, dans ce qu’il rate et dérive, dans ce qu’il s’échappe, dans ce qu’il se sauve, qu’il est sauvé.

  A quel point l’être humain est puissant, c’est-à-dire par exemple dangereux, sauvage, amoral et asocial, oui, et surtout irréductible, il y a de quoi se réjouir.

  Il y a de quoi se (ré)jouir de l’impossibilité fondamentale de l’être humain à avoir un devenir, par exemple un devenir social, à ne pas être ce qu’il devient, à ne pas devenir ce qu’il est, parce que c’est cette impossibilité qui le rend puissant.

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