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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 15:03
  On ne peut pas ne peut être admiratif devant la faculté enthousiaste et folle qu’ont certains de se laisser emporter dans l’agitation ou la tourmente sans se poser, à aucun moment, la moindre question. Il en est ainsi une qui semble se reposer plus qu’elle ne se pose, qui est celle de savoir, au fond, quel est le métier de ces politiciens en qui tant de citoyens placent leurs espoirs fiévreux et hystériques.

  Sont-ils d’abord et avant tout des militants, animés par des convictions profondes et une volonté ambitieuse de changer le monde ? Sont-ils simplement des administrateurs et des gestionnaires ? Ou ne sont-ils jamais que des communicants ?

  La crise idéologique du PS est fascinante en ce qu’elle nous montre un parti acculé, comme une marque industrielle dont l’image de marque est ternie, à revoir son offre. On voit bien qu’il est loin le débat d’idées entre des projets de société dans un parti où chacun cherche une niche, celle-ci au centre, celui-ci plus à gauche que jamais dans son passé.

  Ni de simples citoyens, qu’ils sont censés représenter, ni de véritables experts, ceux qui exercent le métier, puisque c’est un métier, d’élus se retrouvent tiraillés par une logique schizophrénique. Ce qui pouvait frapper pendant la campagne, c’était ce mélange des registres de candidats qui n’avaient toujours pas quitté l’école, qui étudiaient, apprenaient par cœur et passaient honorablement leurs oraux et qui tentaient d’agrémenter leurs compétences administratives à des idées politiques piochées çà et là afin d’identifier leur positionnement de marketing.

  L’ENA les forme  à «l’expertise dans tous les champs essentiels de l’action publique», c’est-à-dire leur donne la compétence, non pas tant de savoir un peu sur tout, mais de pouvoir étudier n’importe quel dossier, et au «management public». Au fait, leur métier consiste à tenter de résoudre un problème de construction d’une route tout autant qu’une crise diplomatique. Le corpus idéologique avec lequel ils se présentent à une élection est loin de constituer ce sur quoi ils s’appuient dans leurs prises de décisions.

  N’est-ce pas précisément ce qui écoeure les citoyens, ce jeu de dupes infantile où des journalistes feignent d’attendre les candidats sur le terrain d’idées qu’ils n’ont pas toujours et les amènent à multiplier des promesses qui orientent leurs images de marques plus que leurs actions ? La seule idée qu’on pourrait leur donner, c’est d’avoir des idées, seulement voilà qu’en feraient-ils dans l’exercice administratif de leurs fonctions ? A moins, bien sûr, de revoir leurs fonctions...

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Published by claude pérès - dans En Ville (Politique)
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commentaires

Henri-Pierre 15/06/2007 02:04

Rassure toi Claude, je ne fais pas dans le génétique, je voulais simplement (et maladroitement donc) parler d'une démocratie dévoyée par les manipulateurs.

claude 15/06/2007 02:32

merci pour la précision ;-)

Henri-Pierre 15/06/2007 00:19

C'est ce qu'engendre une démocratie de dégénérés.Résistons...

claude 15/06/2007 01:50

"dégénérés" ? il me fait peur ce mot là...