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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 19:09

 



  L’intérêt qu’ont porté les français à la campagne présidentielle, explosant les records d’audience, enflammant des débats à chaque coin de rues, ne doit pas masquer la mort de la conviction politique. Contrairement à l’enthousiasme des politiciens et à ce que pourrait laisser penser le taux très élevé de participation à cette élection, le rapport des français à la politique est pitoyable. Que les choses soient claires : il n’a pas été question, à aucun moment durant ces derniers mois, de politique.

  Nous n’avons pas vu les français mesurer les propositions des candidats au regard de leurs implications politiques et de leurs conséquences sociales. Nous n’avons pas vu des idéologies se confronter, des espoirs pour le monde se déployer, des appels solidaires et généreux se faire entendre. Ce qu’on a vu, ce sont des consommateurs infantiles qui cherchaient à obtenir la meilleure offre promotionnelle. Ce n’est pas pour rien que les émissions télévisées phares ont donné la parole à des « vraies gens » qui faisaient part complaisamment de leurs problèmes personnels qui ne regardent qu’eux, qui ne concernent pas une société et sur lesquels une République n’a même pas à se prononcer.

  Si la politique, c’est chercher à voir plus loin que le bout de son nez, porter un projet d’ensemble et d’avenir, le candidat que les français ont choisi a été élu sur un programme nombriliste qui flatte les intérêts personnels et individualistes. Au regard d’une idéologie politique, accabler, stigmatiser les plus faibles comme Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à le faire, relève de la dureté et de l’égoïsme les plus écoeurants. Mais les français ne le voient même plus, qui ne font plus le choix entre plusieurs modèles de société, mais en fonction de ce que les mesures promises pourraient leur apporter personnellement.

  Vincent Peillon n’a pas tort de se moquer de la pauvreté des débats, ce qu'il ne voit pas, c'est que c'est précisément ce qui tue la gauche. Qui a entendu la voix de Dominique Voynet qui s’obstinait malheureusement à rester sur le terrain des idées et de l’idéologie politique ? Face à ce rapport consumériste à l’offre politicienne, la gauche n’a aucun argument à opposer. On est de gauche parce que l’on croit à des valeurs, parce que l’on porte un espoir collectif, arrogant parfois, sectaire souvent, mais très ambitieux. Cet espoir ne peut plus parler à des gens préoccupés plus que jamais par eux-mêmes.

  Avant même de songer à remettre en cause son corpus idéologique, avant même de se lancer dans des querelles de directions, le travail de fond de la gauche doit d’abord réconcilier les français avec la politique qui peuvent comprendre que leurs intérêts personnels et l’ambition d’une société ne sont pas incompatibles, bien au contraire.

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Published by claude pérès - dans En Ville (Politique)
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